Qu’est-ce qu’un token ?
Un token n’est pas forcément un mot entier. C’est une unité de texte définie par le tokenizer du modèle : un algorithme qui découpe le texte de la façon la plus efficace possible en se basant sur les fréquences observées dans les données d’entraînement. Voici quelques exemples concrets de tokenisation :- “bonjour” →
["bon", "jour"](2 tokens) - “tokenisation” →
["token", "isation"](2 tokens) - “ChatGPT” →
["Chat", "G", "PT"](3 tokens) - “IA” →
["IA"](1 token) - ” Paris” →
[" Paris"](1 token, notez l’espace inclus) - “anticonstitutionnellement” →
["anti", "const", "itu", "tion", "nelle", "ment"](6 tokens)
Pourquoi les tokens sont importants
Les tokens sont l’unité de mesure fondamentale des LLM pour deux raisons majeures : 1. Le coût : les API de LLM facturent à la consommation de tokens (tokens en entrée + tokens générés en sortie). Un prompt verbeux coûte plus cher qu’un prompt concis qui obtient le même résultat. 2. La limite de contexte : chaque modèle a une fenêtre de contexte maximale, exprimée en tokens. GPT-4o supporte jusqu’à 128 000 tokens ; Claude 3 peut aller jusqu’à 200 000 tokens. Au-delà, le modèle ne peut plus “voir” les informations les plus anciennes de la conversation.Tokens en français vs en anglais
Une règle empirique utile : en anglais, 1 token ≈ 4 caractères, soit environ ¾ d’un mot. En français (et dans la plupart des langues non-anglaises), le rapport est légèrement moins favorable, car les tokenizers sont généralement optimisés sur des corpus à dominante anglaise.
Cette différence peut représenter jusqu’à 20-30 % de tokens supplémentaires pour un même contenu traduit de l’anglais vers le français. Cela a un impact direct sur vos coûts et sur l’utilisation de votre fenêtre de contexte.
Qu’est-ce qu’un embedding ?
Une fois le texte tokenisé, chaque token est converti en un vecteur numérique : c’est ce qu’on appelle un embedding. Concrètement, un embedding est une liste de nombres (souvent plusieurs centaines ou milliers de valeurs) qui représente la “position” d’un mot dans un espace mathématique à haute dimension. Ce qui rend les embeddings puissants, c’est qu’ils capturent la sémantique : des mots au sens similaire ont des vecteurs proches les uns des autres dans cet espace. Des mots au sens opposé ou sans rapport sont éloignés. L’exemple le plus célèbre de cette propriété :- “Paris” - “France” + “Italie” ≈ “Rome” (relation capitale / pays)
- “chaud” est proche de “tiède”, “brûlant”, “chaleur”
- “positif” est à l’opposé de “négatif”
À quoi servent les embeddings en pratique ?
Les embeddings sont la technologie sous-jacente de nombreuses applications d’IA au-delà de la génération de texte :
- Recherche sémantique : trouver des documents pertinents même si les mots exacts ne correspondent pas (ex. : chercher “voiture” et trouver des résultats sur “automobile”).
- Systèmes de recommandation : suggérer des contenus similaires sur YouTube, Netflix ou Spotify.
- Détection de doublons : identifier des textes qui disent la même chose avec des formulations différentes.
- Classification : catégoriser automatiquement des emails, des avis clients ou des tickets de support.
- RAG (Retrieval-Augmented Generation) : enrichir les réponses d’un LLM avec des documents pertinents issus d’une base de connaissance.
