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Quand on parle d‘“IA”, on désigne en réalité une famille de technologies très différentes les unes des autres. Un filtre anti-spam, un réseau de neurones qui reconnaît des tumeurs sur des images médicales et un modèle de langage comme ChatGPT n’ont pas grand-chose en commun, si ce n’est qu’ils font tous partie du grand arbre généalogique de l’intelligence artificielle. Dans ce chapitre, nous allons cartographier cet arbre, en comprenant comment chaque branche se distingue et pourquoi cette distinction compte pour vous en tant que praticien·ne de l’IA.

IA symbolique vs IA connectionniste : les deux grandes familles

Depuis les origines, l’IA a été traversée par une tension fondamentale entre deux visions radicalement différentes de l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, l’IA connectionniste (et particulièrement le deep learning) domine les applications grand public. Mais l’IA symbolique n’a pas disparu : elle est parfois combinée avec l’apprentissage automatique dans des approches hybrides (neuro-symboliques), notamment pour des domaines à forte exigence de fiabilité comme le médical ou le juridique.
L’IA générative que vous utilisez au quotidien (ChatGPT, Gemini, Claude, Mistral…) est entièrement connectionniste. Elle n’applique aucune règle logique explicite : elle génère du texte en prédisant le mot le plus probable en fonction du contexte, grâce à des milliards de paramètres appris sur d’immenses corpus textuels.

Trois grandes approches en détail

Le machine learning : apprendre à partir des données

Le machine learning (ML) est la branche de l’IA qui donne aux ordinateurs la capacité d’apprendre sans être explicitement programmés pour chaque tâche. Plutôt que d’écrire des règles à la main, on fournit au système des données et un objectif, et il découvre lui-même les patterns pertinents.

Les trois grandes familles d’apprentissage

1. Apprentissage supervisé

Le système apprend à partir d’exemples étiquetés : chaque donnée d’entraînement est accompagnée de la réponse correcte.
  • Comment ça marche : on montre 10 000 photos de chats (avec l’étiquette “chat”) et 10 000 photos d’autres animaux. Le modèle apprend à distinguer les deux.
  • Exemples concrets : classification d’emails (spam/non-spam), prédiction du prix d’un appartement, diagnostic médical à partir d’images, détection de fraude bancaire.
  • Analogie : un élève qui apprend avec des exercices corrigés.

2. Apprentissage non supervisé

Le système reçoit des données sans étiquettes et doit trouver lui-même une structure cachée.
  • Comment ça marche : on donne des milliers de profils clients sans aucune catégorie prédéfinie. Le modèle identifie des groupes naturels (clusters) aux comportements similaires.
  • Exemples concrets : segmentation de clientèle, détection d’anomalies, compression de données, recommandation de contenu.
  • Analogie : un explorateur qui cartographie un territoire inconnu sans carte de référence.

3. Apprentissage par renforcement

Un agent apprend en interagissant avec un environnement : il reçoit des récompenses ou des pénalités selon ses actions et optimise sa stratégie pour maximiser les récompenses sur le long terme.
  • Comment ça marche : l’agent essaie des actions, observe le résultat (récompense positive ou négative) et ajuste son comportement. Il n’a pas besoin d’exemples préalables.
  • Exemples concrets : AlphaGo (Go), les IA de jeux vidéo, le réglage fin des LLM (RLHF : Reinforcement Learning from Human Feedback), les robots industriels.
  • Analogie : apprendre à faire du vélo par essais et erreurs, sans que personne ne vous explique les règles.
RLHF et ChatGPT : les grands modèles de langage comme ChatGPT ne sont pas uniquement entraînés par apprentissage supervisé. Ils sont ensuite affinés par renforcement à partir de feedbacks humains (RLHF) : des évaluateurs humains notent les réponses du modèle, et ces notes servent à orienter le modèle vers des réponses plus utiles, plus sûres et plus alignées avec les préférences humaines.

Où se situent ces technologies les unes par rapport aux autres ?

Pour conclure, voici une vue synthétique qui résume les relations d’inclusion entre ces concepts :
Le deep learning est une sous-famille du machine learning, lui-même une sous-famille de l’IA. Les LLM sont un type particulier de deep learning basé sur l’architecture Transformer. Quand vous utilisez ChatGPT, vous utilisez donc simultanément de l’IA, du machine learning, du deep learning et un LLM, les quatre niveaux en même temps.
Maintenant que vous maîtrisez les fondamentaux conceptuels de l’IA, nous allons entrer dans le vif du sujet : comment communiquer efficacement avec ces systèmes grâce au prompt engineering.